Léa Khelifi, sous la carapace | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Léa Khelifi, sous la carapace

Après une saison passée quasi-blanche, la meneuse de jeu montpelliéraine retrouve peu à peu ses sensations au fil des matchs. Rencontre avant la venue de Lille, ce samedi en championnat (14h à grammont)

Son arrivée au MHSC à l’été 2022 avait suscité beaucoup d’espoirs. Du haut de son statut d’internationale française (4 sélections), Léa Khélifi devait apporter technique et inspiration au jeu montpelliérain en occupant le poste de meneuse de jeu, jadis tenu par de prestigieux noms tels que Camille Abily, Virginie Faisandier ou Louisa Necib (son idole de jeunesse) ; Un profil que le MHSC cherchait depuis les départs de Claire Lavogez et Sandie Toletti. La lumière devait jaillir des pieds de celle qui se décrit comme une « joueuse offensive polyvalente mais dont le poste de préférence est celui de n°10.  J’aime faire la dernière passe ou le dribble qui va éliminer un adversaire puis casser une ligne. », dit-elle.

Cette douleur je l’avais déjà dans mon club précédent. Je l’ai traînée pendant plus d’un an et demi

Oui mais voilà. La saison dernière, l’espoir suscité par sa venue a laissé place aux doutes et à la déception, quand une vilaine blessure à la cheville a mis un terme prématuré à sa saison : « Cette douleur je l’avais déjà dans mon club précédent. Je l’ai traînée pendant plus d’un an et demi et vous imaginez bien que, pour une joueuse, c’est très frustrant de ne pas être à 100% à chaque match, raconte Léa Khélifi. Ma cheville (le tendon fibulaire, NDLR) a fini par céder au mois de décembre et j’ai presque vécu une saison blanche avec 6 mois d’arrêt. »
Sur le papier pourtant, le recrutement de Léa Khélifi avait tout d’une bonne pioche. Strasbourgeoise de naissance, la joueuse de 24 ans a grandi à Behren-lès-Forbach, à 40 minutes de route de Metz. Entourée de sa mère et de son grand frère, dont elle est très proche, c’est d’ailleurs avec lui qu’elle a découvert le ballon rond, dès son plus jeune âge : « Nous avons un lien assez particulier parce que j’ai un peu tout vécu avec lui dans ma jeunesse », raconte Léa. « C’était un repère pour moi, un soutien aussi. Je me suis appuyée et et m’appuie toujours beaucoup sur lui. C’était un peu la présence masculine de la maison. »

C’est compliqué de refuser un club comme le PSG, surtout étant jeune

Le frangin, les amis, les premiers pas dans les clubs locaux, puis le grand saut au FC Metz, avec lequel elle découvre la D2 à 16 ans, puis la D1, un an plus tard, lors d’une victoire de… Montpellier en Lorraine le 11 septembre 2016 (5-0). « Je suis d’abord passée par le pôle espoir de Strasbourg pendant 2 ans et, le week-end, je jouais avec Metz. La 3ème année, j’ai quitté le pôle pour être totalement avec les Grenats, raconte Léa. Metz constitue mes plus belles années ; c’était un peu l’insouciance avant de basculer dans le professionnalisme. J’ai appris beaucoup de choses là-bas et ça m’a fait grandir. C’est un club qui restera toujours en moi et que je n’oublierai jamais. »
Après avoir permis à Metz de se maintenir en D1 en inscrivant un magnifique coup-franc dans les dernières secondes d’un match décisif face à Rodez le 24 avril 2019, la meneuse de jeu franco-algérienne conclut de la meilleure des façons une saison pleine (24 matchs / 8 buts) qui lui vaut de séduire le Paris Saint-Germain et son entraîneur d’alors : Olivier Echouafni. « C’est compliqué de refuser un club comme le PSG, surtout étant jeune, sourit Léa. On se dit que cette opportunité, on ne l’aura peut-être plus. Du coup, je n’ai pas hésité. »


Sa première saison parisienne, Léa la qualifie « d’année d’adaptation. Le niveau, l’intensité et le mode de vie ont changé aussi. » Avec 7 petites apparitions pour seulement 3 titularisations et 3 buts inscrits, être assise sur le banc, même celui du PSG, ne lui suffit pas et elle répond alors à l’appel d’un certain Yannick Chandioux, désireux de l’accueillir une saison à Dijon sous forme de prêt. En Côte d’Or, Léa réalise une saison aboutie et retrouve le PSG la saison suivante avec un autre statut. « J’avais beaucoup d’ambitions et plein de volonté. J’ai plus joué (18 matchs / 7 buts toutes compétitions confondues), j’ai découvert la Coupe d’Europe et nous avons remporté la Coupe de France, mais j’ai quand même vécu des hauts et des bas, même si je pense que ça m’a servi aussi. » Elle poursuit : « En fait, je suis ressortie un peu frustrée de cette dernière saison parisienne », reconnait cette fan de mode et de shopping hors des terrains. « Au départ, je jouais, puis j’ai eu une tendinite au pied qui m’a beaucoup freinée. Même si je ne regrette rien, j’ai eu la sensation de ne pas avoir pu exploiter toutes mes qualités. »

LE MHSC a toujours été un grand club du foot féminin français. C’est un club qui joue le haut de tableau et qui donne envie, forcément

Quoi de mieux dans ses conditions que de retrouver l’entraîneur de votre dernière saison pleine à Dijon, arrivé sur le banc du MHSC un an plus tôt ? : « La présence de Yannick Chandioux a joué un rôle important dans ma venue à Montpellier, c’est évident. J’avais réalisé une très belle saison sous sa direction à Dijon où j’avais été décisive et repris confiance, raconte la n°7 montpelliéraine. De plus, Montpellier a toujours été un grand club du foot féminin français. C’est un club qui joue le haut de tableau et qui donne envie, forcément. »

De la lumière de l’espoir à l’ombre puis au tunnel de la blessure, elle ne reviendra pas sur sa première saison gâchée en orange et bleu « C’était très compliqué et j’ai très mal vécue cette période, désormais, je m’en sers comme d’une force, évacue-t-elle. Cette année, j’ai la sensation d’être repartie de zéro. »

Cette année, j’ai la sensation d’être repartie de zéro

L’occasion de se refaire une santé physique, mentale et sportive par ses performances, mais aussi de montrer un autre visage, elle qui a parfois renvoyé une image assez renfermée depuis son arrivée dans l’Hérault : « Avec les personnes dont je suis proche, je ne me prends pas la tête, j’aime bien rigoler, m’amuser, profiter des gens que j’aime et passer de bons moments en faisant des choses simples, explique-t-elle. Quand on ne me connaît pas forcément, j’ai l’air réservé. C’est juste une carapace et une forme de timidité mais je ne suis pas renfermée et encore moins hautaine. Je sais d’où je viens et par quoi je suis passée, donc il n’est pas question que je me prenne pour une autre. »
Côté terrain, Léa Khélifi a jusqu’ici inscrit 4 buts et délivré 2 passes décisives en 15 apparitions : « Je repars de loin quand même », reconnaît-t-elle au moment d’analyser sa saison 2023-2024 sur le plan personnel. « Je la qualifierai de mitigée. Il y a des matchs où j’ai été assez performante et d’autre beaucoup moins. Je sais que je peux faire beaucoup, mieux. » et quand on évoque sa marge de progression, notamment dans le jeu sans ballon et le repli défensif, l’intéressée ne nie rien : « J’ai beaucoup évolué par rapport à ça. Après, forcément, quand je suis mieux physiquement, j’ai plus de facilité à faire les efforts. Quand je suis en pleine forme, ça n’a jamais été un souci pour moi. Je sais que j’ai du coffre, c’est juste qu’il faut que j’enchaîne et après ça va tout seul. »

Il nous reste 3 matchs, et il faut tout donner pour battre Lille et Saint-Etienne, afin de s’offrir une finale pour les playoffs lors de la dernière journée à Fleury

La passe décisive est claire pour évoquer son état physique « Je ne me sens pas encore à 100%, martèle-t-elle. J’ai enchaîné quelques matchs, je commençais à me sentir mieux puis j’ai eu une petite blessure qui m’a encore freinée. Il va me falloir encore quelques mois pour revenir au top du top, mais je me laisse le temps aussi et je sais que ça va revenir. J’ai confiance en moi. »
Une confiance que Léa Khélifi doit désormais transmettre à son équipe dans un sprint final où les Féminines du MHSC n’ont plus le droit à l’erreur : « Notre saison a été irrégulière et pas à la hauteur de nos qualités. Quand on étudie l’effectif individuellement, avec les joueuses que nous avons, notre classement n’est pas normal. On doit faire beaucoup mieux ; mais si aujourd’hui nous ne sommes que 6ème, ce n’est pas sans raison », analyse l’ancienne Parisienne. « On a la chance d’être encore en vie après toutes les faux pas que nous avons commis. Il nous reste 3 matchs, et il faut tout donner pour battre Lille et Saint-Etienne, afin de s’offrir une finale pour les playoffs lors de la dernière journée à Fleury. »
Première étape ce samedi (14h) à Grammont, face à une équipe nordiste qui avait tenu les Montpelliéraines en échec dans un match aller cadenassé (0-0). « Il nous faudra être meilleures dans tous les aspects, souligne Léa : duels, agressivité devant le but, défensivement, pour moi c’est un tout. »

Le match du jour sera peut-être l’occasion pour Léa Khélifi d’inscrire son 5ème but de la saison, et pourquoi pas le 3ème de la tête, une facette de son jeu qu’elle découvre cette saison : « le jeu de tête ne fait pas partie de mes qualités premières, ça c’est sûr, rigole-t-elle. Mon plaisir, c’est de mener le jeu, de voir les appels et de créer des espaces par la passe, mais si je peux marquer de la tête, je ne m’en priverai pas. » Ce serait aussi la meilleure des façons d’évacuer ses frustrations passées et son caractère assez bien trempé : « Je suis sanguine, c’est vrai, mais je me suis un peu calmée avec le temps, conclut-elle. Aujourd’hui, je prends beaucoup sur moi. J’ai mûri, mais quand on a du caractère, ça peut servir aussi. » Dans tous les cas, il faut savoir percer la carapace…  

 

A lire également

12mai2024

Info Club

QUAND ET Où ?La campagne d’abonnement 2024/2025 se déroulera à partir du mardi 18 juinAu Club House du Centre d’entraînement Bernard-Gasset Diadora Utility  (Grammont).Sur la billetterie en ligne du club iciINFOS PRATIQUESLes
Lire la suite

16mai2024

Féminines

déjà Sacrée en novembre, Sonia Ouchene décroche son second trophée de joueuse du mois en remportant le titre de joueuse des mois d'avril-mai.Qui succèdera à Maelle Lakrar, sacrée joueuse de la saison 2022/2023 ? C'est ce que sont
Lire la suite

Équipe pro

A l’heure du dernier match de la saison, ce dimanche sur la pelouse du Racing Club de Lens (21 heures) le jeune milieu de terrain montpelliérain (20 ans) revient sur l’exercice qui s’achève ainsi que sur sa progression personnelle
Lire la suite